Logiciel 2.0 : les logiciels libres
Par Benoit des Ligneris le dimanche, décembre 30 2007, 04:24 UTC - Lien permanent
À l'heure du Web 2.0 qui est de plus en plus défini (i.e. : fusion producteur de contenu et utilisateur, création de réseaux sociaux à travers Internet, communautés et économie de "longue traine") je pense que les logiciels libres sont l'analogue complet pour les logiciels du Web 2.0 pour le contenu numérique. C'est la raison pour laquelle il est utile et possible de les (re)baptiser Logiciels 2.0 (Software 2.0).
- Le premier point commun est d'abord et avant tout la possibilité de tout utilisateur de logiciel libre de devenir développeur ou, à tout le moins, d'influencer le développement du logiciel libre par ses idées et ses opinions. Dans le Web 2.0, l'utilisateur peut également devenir producteur de contenu (en créant son propre blog) ou influencer le contenu qu'il lit (en commentant un blog par exemple).
- Le deuxième point commun tient aux communautés de toute taille qui se créent "spontanément" autour d'un logiciel libres. J'aimerai référer à "la longue traine". Ceci tient au fait que les coûts de production d'un logiciel libre sont très faibles (voir un service comme sourceforge par exemple). Ceci permet donc la création d'un écosystème très complexe avec des "marché de niches" c'est à dire de très petite taille (certains logiciels libres n'ont qu'un seul utilisateur !) mais aussi des marchés de masse (pensons à Linux, Firefox, OpenOffice, Apache, etc.). Il en va de même pour le Web 2.0 et les communautés de blogueurs & les résaux sociaux suivent exactement les mêmes lois (un blog uniquement lu par son créateur / des blogs lus par des millions d'utilisateurs, etc.).
- Troisième et dernier point : Le partage est au cœur des logiciels libres à travers les licences de ces derniers. Le partage des documents (texte, audio, vidéo), des fils RSS et finalement des idées, etc. est au coeur du Web 2.0. Il est d'ailleurs intéressant de constater que de nombreux blogs s'appuient sur des licences issuent en tout où en partie du monde des logiciels libres. Les licences "purement libres" ont été transformées et adoucies pour être compréhensibles en un coup d'oeil du commun des mortels par l'initiative "Creative Commons". Ainsi,certains logiciels libres sont publiés maintenant avec ce type de licence (ou alors certaines parties comme la documentation, le site Web, etc.).
Ces trois points principaux ayant été mentionnés (il y en a d'autres mais ils sont, je pense, mineurs ou alors inclus dans les précédents) il est alors intéressant de comparer comment réagissent les industries de ces deux secteurs d'activité soit, pour les logiciels 2.0, les éditeurs informatiques et pour le Web 2.0 les producteurs de contenus (media en général : journaux, TV, radios, etc,.). La suite dans un prochain billet . . .
Mise à jour : 2008.01.02 / BdL : Corrections & ajout de lien sur la longue traine


Commentaires
Le concept de logiciel libre est suffisament nouveau et difficile à saisir dans son plein potentiel pour une personne normale sans lui apposer une nouvelle étiquette afin de surfer sur la vague du "2.0".
Les possibilités du logiciel libre contiennent déjà, comme tu le mentionnes, la majorité sinon tous les avantages de ce flou qui est défini comme le "Web 2.0". Et ils étaient là bien avant l'invention de ce terme fourre-tout, terme qui fait dilater la pupille des gestionnaire de "Technologie de l'information" aussitôt qui l'entendent. Apposer la version "2.0" aux cotés de "logiciel" n'apportent rien sinon de la confusion et une impression de vouloir être à la mode. La littérature sur le logiciel libre est abondante, les concepts bien connus et définis, et il y a déjà de la chicane avec l'expression "Open Source". Vraiment, a-t-on besoin d'une troisième expression?
Le logiciel libre est lui-même novateur, porteur de grandes idées et de grands principes qui méritent d'être défendus et encouragés pour eux-mêmes. Les diluer en utilisant une expression à la mode ne rend service à personne, surtout pas à ceux qui s'en font les défenseurs.
Je vais essayer de clarifier le pourquoi de ce billet. Tout d'abord, je ne suis pas d'accord avec ton analyse de "terme fourre tout". Si tu reprend mes points ils caractérisent le Web 2.0. Ils caractérisent aussi les logiciels libres...
Bref, je ne cherche pas à surfer sur la vague du 2.0 mais à l'exploiter pour le bien être des logiciels libres : étant donné l'aspect "universel" du Web (du moins dans les pays développés), tout le monde connait (de près ou de loin) le Web 2.0. En revanche, étant donné l'aspect plus confidentiel des logiciels libres (et des logiciels en général d'ailleurs : pour le commun des mortel non "geek" un logiciel est un outil, rangé tout à coté de la catégorie mentale "tournevis"...), il est intéressant de faire le parallèle que j'ai fait ne serait-ce que pour attirer l'attention sur les logiciels libres.
Enfin mon point est à venir dans un prochain billet : maintenant que j'ai établi ce parallèle il est possible de voir ce que les uns peuvent apprendre des autres en particulier du point de vue de l'industrie 1.0 (logiciels propriétaires dans un cas, médias traditionnels dans l'autre).
Le succès phénoménal du Web 2.0 (blog, wiki, réseaux sociaux) atteint une échelle que les logiciels libres n'ont pas encore atteints (normal : ils commencent seulement à s'adresser à M. tout le monde!) et il y a donc des leçons à tirer des succès du Web 2.0 pour les logiciels libres. À l'inverse, les logiciels libres sont là depuis bien plus longtemps et les réponses de l'industrie 1.0 affectées par le Web 2.0 sont à venir et seront similaires à celles vécues dans le monde des logiciels libres...